Cécile Berard

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CÉCILE BERARD

Née Curé, le 11 décembre 1950 

À St-Pierre-Jolys, Manitoba

Je suis la sixième de treize enfants dont six frères et six sœurs. Je me sens bénie qu’à ce jour tous mes sœurs et frères soient encore vivants. Mon père, Lucien Curé, est né à Saint-Pierre-Jolys en 1920. Il était le plus jeune d’une famille de sept enfants issus de Joseph Curé et Clara Lambert.  Papa a hérité de la ferme paternelle et y a vécu toute sa vie.

Mon grand-père paternel, Joseph Curé, est arrivé dans l’Ouest en provenance du Québec en compagnie de deux de ses frères en 1907. Grand-père Curé est né au New Hampshire aux États-Unis mais sa famille était retournée au Québec. On me dit qu’il ne connaissait pas l’anglais et qu’il est arrivé au Manitoba par train. Il devait descendre à Otterburne mais lorsqu’ils ont annoncé Osborne, ayant mal compris, il est descendu du train et là, réalisant son erreur, a dû marcher jusqu’à Otterburne et Saint Pierre Jolys. 

Son épouse, ma grand-mère Clara Lambert, est née à Saint-Boniface près de Shawinigan au Québec. Grand-maman Clara est venue rejoindre son époux, Joseph, en 1908, accompagnée de leurs deux fils aînés. 

Du côté de mes grands-parents maternels, mon grand-père, Hector Sarrasin, est né à Saint-Jean-Baptiste, Manitoba, et ma grand-mère, Marie-Antoinette Lepire, est née à Olga au Dakota du Nord (E.U.). Mes grands-parents Sarrasin ont fait leur vie à Saint-Joseph et à Sainte-Élizabeth au Manitoba. Ma mère, Olive Sarrasin, est née à Ste-Elizabeth au Manitoba en 1923.

Mes grands-parents paternels ont toujours vécu  avec nous sur la ferme familiale.  Avec mes frères et sœurs, on a appris très jeune à travailler fort et à s’entraider.  Nous étions auto-suffisants. Nous avions de très grands jardins, des vaches à lait, des cochons, des poules et des bœufs. On faisait des «cannages» à remplir les armoires au sous-sol. À l’occasion, Maman me sortait de l’école afin de l’aider dans les travaux domestiques. Le samedi je faisais les pâtisseries et le pain. À l’âge de 14 ans je participais à la foire locale et entrais de mes produits dans des compétitions. C’est avec les prix gagnés que j’ai pu acheter le premier cadeau pour mon “chum”.

Les repas sur la ferme étaient énormes avec treize enfants à nourrir. Ma mère se levait tôt, dès 5h du matin. Il y avait toujours beaucoup de monde chez nous. Les grands rassemblements de famille, Noël et Pâques, avaient lieu chez nous. Mes parents étaient très accueillants et les fêtes étaient extraordinaires. Nous servions une centaine de repas au cours de la journée de Noël! Il y en a qui venaient au déjeuner, au dîner, au souper ou tout simplement à la veillée. Le chant, la musique et les parties de cartes étaient nos divertissements. J’ai toujours admiré mes parents pour avoir accueilli tant de personnes dans le noyau familial. 

Le français et la religion ont toujours joué un grand rôle dans notre vie de famille.  On ne connaissait pas l’anglais avant de commencer l’école.  Le curé de la paroisse venait régulièrement nous rendre visite afin de donner la communion à ma grand-mère qui était âgée et en chaise roulante. De plus, c’était  l’époque où le curé visitait ses paroissiens annuellement. Puis on allait régulièrement à la messe le dimanche et on disait le chapelet chaque soir en écoutant la radio de CKSB. Notre voisin célibataire, ami de mon père, venait régulièrement jouer aux cartes. S’il arrivait et qu’on était à genou en train de réciter le chapelet, il s’agenouillait et priait avec nous. 

Nos loisirs étaient surtout avec la famille, on jouait beaucoup aux cartes, on aimait la musique. Parfois la grande table de cuisine devenait une table de “ping pong”.  

On allait regarder le hockey chez les voisins car nous n’avions pas de téléviseur.  Ma sœur ainée, Thérèse, lorsqu’elle a commencé a travailler, a acheté notre première télévision en noir et blanc. Nos programmes favoris étaient Les Belles Histoire des Pays d’en Haut (Séraphin) et Bonanza.

Cécile Berard et ses grandes soeurs: Claire, Anita, Léa, 1960. Collection privée.

J’ai fait mon élémentaire et mon secondaire à Saint-Pierre. J’ai commencé l’école à cinq ans au couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. J’ai appris très jeune à cacher mes livres et à dire: «Good Day Mr. White», parce qu’il fallait cacher les livres de français et de catéchèse. À cette époque, l’enseignement du français et de la religion était interdit dans nos écoles. Fallait être un peu naïf, car les religieuses parlaient très peu d’anglais et sans doute l’inspecteur savait que la communauté était presque entièrement francophone et catholique. D’ailleurs, c’est probablement en partie à cause de cette expérience que les francophones se sont longtemps sentis inférieurs et que certains hésitent à parler français par peur et gêne de se faire ridiculiser.

Depuis ce temps le français a retrouvé sa place comme langue d’enseignement, langue de travail et langue de commerce mais non sans multiples “batailles” entreprises par le leadership francophone de la province. 

J’ai été beaucoup impliquée dans les sports de ballon-balai et ballon-volant, et dans la vie de l’école, par exemple Jeunesse Etudiante Catholique (JEC) et le journal de l’école. Dès mon jeune âge je voulais être impliquée. J’aimais l’école. Je pensais devenir professeur mais avec les années c’est dans un autre domaine que je me suis lancée.

En 9e année, j’ai fait un discours sur la question du français que j’ai fini en disant : «Si nous voulons du français, c’est à nous d’en mettre». J’étais fière de mon discours et fière de mon héritage francophone. D’ailleurs, c’est une croyance qui a plus tard influencé certaines décisions de ma vie. Chaque année je participais aux concours de l’Association d’éducation des canadiens-français du Manitoba qui publiait les résultats dans le journal La Liberté et le Patriote. Mes sujets préférés étaient les mathématiques et la physique. 

Au secondaire je participais aux boîtes à chanson en tant que spectatrice. Mon frère Gérard y chantait. On allait au Collège Saint-Joseph d’Otterburne, là où les premières boîtes à chanson ont eu lieu. C’est dans le cadre de ces soirées que j’ai rencontré celui qui deviendrait mon mari et l’amour de ma vie. Renel Berard était originaire de Saint-Joseph et pensionnaire au Collège Saint-Joseph.  

À 17 ans j’ai déménagé à Saint-Boniface. Mon premier emploi fut à la Caisse populaire de Saint-Boniface.  

En 1969, à 18 ans, j’ai épousé Renel alors qu’il en avait 20. Renel travaillait dans le domaine de la santé et son travail l’amèna de l’hôpital général de Saint-Boniface à l’hôpital général de Brandon au Manitoba. 

On s’est beaucoup ennuyé les premières années à Brandon. Nous étions jeunes, dans une ville anglophone. Ça me gênait de parler en anglais. Nos deux fils aînés y sont nés. Moi, je travaillais un peu ici et là en faisant de la tenue de livre. À un moment donné on a dû prendre une décision importante. Désirant offrir une éducation en français à nos enfants dans un environnement francophone et plus proche de la famille, nous avons déménagé à Winnipeg en 1974 et, après un court séjour, on s’est installé à Ile-des-Chênes. Renel a changé de carrière. 

Par choix et pour le bienfait de la famille, j’ai remis à plus tard mon rêve d’études et de carrière et j’ai choisi de rester à la maison pour m’occuper des enfants.  Notre troisième fils est né, ce qui a comblé notre vie de famille. Pour Renel et moi, le français, la famille et la foi représentaient les valeurs que nous avons voulues transmettre à nos enfants. Maintenant j’ai neuf petits-enfants. Ils sont tous allés à l’école française. En 2019, nous avons célébré 50 ans de mariage.

Lorsque mes enfants étaient tous à l’école, j’ai décidé de retourner aux études. Je me suis inscrite au Collège communautaire de Saint-Boniface et j’ai complété mon diplôme en administration des affaires en 1987. Par la suite, j’ai poursuivi mes études afin d’obtenir la désignation de comptable en management (CMA) en 1992. 

Entre temps, en décembre 1987, j’ai été embauchée par la Société Franco-manitobaine, maintenant la Société de la francophonie manitobaine (SFM), comme adjointe à la direction et ensuite en tant que directrice-générale. J’y ai travaillé pendant sept ans et demi. Ce fut une de mes premières fonctions professionnelles dans la vie française du Manitoba. 

Au départ, la SFM était plutôt vue comme un organisme politique. La politique partisane ne m’intéressait pas tellement, cependant le développement communautaire était très attrayant pour moi.  

C’était un temps fort à la SFM. On finissait en 1987 les premiers États généraux et on entamait la restructuration de l’organisme. On disait que la SFM était pour l’élite et les citoyens de Saint-Boniface. Le rural ne se sentait pas bien représenté par la SFM. C’était pour moi un objectif personnel de rejoindre la campagne et d’y offrir des services en français.

C’était aussi le temps du dossier constitutionnel au Canada, de l’accord du Lac Meech et de l’accord de Charlottetown. On cherchait à faire inclure dans ces ententes le développement et l’épanouissement des communautés francophones hors Québec. C’était un grand défi pour moi, une occasion de grandir et de s’épanouir. Nombreux ont été les voyages de sensibilisation et les présentations devant multiples agences et commissions d’enquête, entre autres la Commission d’enquête Bélanger-Campeau et la Commission Fox-Decent sur la question des communautés francophones vivant à l’extérieur du Québec. Le Québec se préoccupait peu des minorités francophones à l’extérieur de sa province. 

Je me souviens d’avoir organisé, à titre de directrice générale, une tournée de sept jours dans la province du Québec, dans la région de la Beauce et de la ville de Québec, afin de promouvoir la communauté franco-manitobaine et d’établir des liens dans le domaine de l’économie, de la santé, de l’agriculture et de l’éducation. Une équipe de Radio Canada, Winnipeg, nous accompagnait et faisait des reportages tous les jours. C’était un moyen par excellence de créer des liens afin d’augmenter les services en français chez nous. Des représentants de divers secteurs manitobains de la santé, de l’économie, de l’éducation et de l’agriculture composaient la délégation manitobaine.  

La promotion des services en français était un dossier important dont le résultat a été la création de l’annuaire de services en français et le centre d’information le 233-ALLO au cours de l’année 1989. On a mis sur pied un réseau d’agents communautaires et culturels.

Céline Berard, 1989. Collection privée. 

À deux reprises la SFM s’est présentée devant la Cour Suprême du Canada. La première fois afin d’obtenir le droit de recevoir des services en français de la part de la province et la deuxième pour obtenir la gestion scolaire francophone de nos écoles. Bien que la SFM a eu gain de cause pour les droits et les lois en français, ce n’est qu’une politique de services que nous avons obtenue en 1990. Il a fallu un bon nombre d’années avant qu’une loi soit adoptée accordant l’appui à l’épanouissement et au développement de la francophonie manitobaine. Pour ce qui est de la gestion scolaire, nous avons eu gain de cause et la nouvelle division scolaire francophone a ouvert ses portes en 1994.  

En plus, nous avons travaillé avec la ville de Winnipeg pour l’obtention de services en français. Nous travaillons également à développer une entente Canada -Communauté franco-manitobaine afin d’assurer son développement et son épanouissement. Il y eut beaucoup de concertation entre la SFM et les divers organismes communautaires francophones dans le but de développer le contenu de l’entente. Ma dernière tâche fut de signer la première entente Canada – Communauté en juin 1994. C’était des années remplies!

En tant que directrice générale je me suis entourée d’une équipe forte et dynamique. Mes années à la SFM ont été débordantes et riches en expériences et constituent ma plus grande contribution à la communauté francophone du Manitoba. J’en suis très fière.

Avec la création de la toute nouvelle Division scolaire franco-manitobaine, j’y ai fait le saut comme première secrétaire-trésorière. C’était un défi monumental à relever. La Cour suprême avait accordé la gérance des écoles françaises aux parents après une longue démarche et plusieurs combats qui avaient souvent divisé la communauté. Tout était à faire. Entrée en fonction le premier juillet 1994, on devait organiser la rentrée scolaire pour le premier septembre. On n’avait que deux mois, pas beaucoup de temps!  

Je me souviens de ma première journée, d’être arrivée au bureau et d’avoir ouvert un tiroir de filière: je n’y trouve rien. On commençait vraiment à zéro! Tout le personnel divisionnaire devait être embauché. Le transfert des écoles et du personnel venant des divisions scolaires cédantes devaient se faire et pas nécessairement dans un climat positif avec les divisions cédantes. Ils perdaient de leurs effectifs. Les systèmes de paie, de communication, de nouvelles ententes collectives pour l’ensemble des employés, les politiques divisionnaires, le système de transport pour les élèves devaient être mis en place, et j’en passe. Je me souviens d’avoir signé tous les chèques manuellement pour l’ensemble du personnel des 22 écoles, les concierges et les pourvoyeurs de biens et de services pour les deux premiers mois de l’existence de la nouvelle division. Un travail gigantesque!

 Il faut dire que c’est grâce au travail ardu, à la détermination, au dévouement, aux longues heures de travail, à la conviction que la communauté pouvait gérer ses écoles que cette première équipe a réussi à ouvrir les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) en septembre 1994. Deux mois pour faire tout ce travail! Incroyable mais vrai! Nous avons tous travaillé d’arrache-pied sans compter nos heures. Nous étions fiers de travailler à la mise sur pied de cette division scolaire tant attendue.

Mon meilleur souvenir, c’est la première réunion des employés de notre division. Je présidais et mes mots d’ouverture étaient: «Voilà! Finalement nous avons notre propre division scolaire!» La salle a éclaté: tous criaient, applaudissaient! Quel merveilleux souvenir! Un moment fort pour l’ensemble de la communauté.

J’ai quitté mon poste à la DSFM en décembre 1995. J’étais épuisée physiquement, mentalement et moralement. J’ai donc pris neuf mois de repos et de réflexion au sujet de ma vie et  de ma carrière. Parfois il faut prendre un pas en arrière et se remettre en question. J’ai fait de la croissance personnelle et je n’ai pas craint d’aller chercher de l’aide. Je me suis prise en main. 

Céline Berard, à la DSFM, 1995. Collection privée.

Suite à mon temps de réflexion, j’ai décidé de me joindre à l’entreprise de Renel en tant que consultante et aviseur financier. Notre entreprise se nommait le Groupe Financier Berard. J’ai mis du temps à m’y préparer. D’abord je voulais absolument de la documentation en français puisque j’avais entre autres une clientèle francophone. Lorsque j’en ai fait la demande à un responsable, il a réagi négativement en disant qu’il faudrait en avoir aussi en toutes les langues. Et là, j’ai mal réagi. Mon cœur francophone était en vie.

Je ne voulais pas simplement être une «représentante». Je voulais être reconnue comme consultante en matière financière. Je voulais aider les gens à comprendre les produits en question et pourquoi ils en avaient besoin. Renel et moi avons travaillé ensemble pendant plus de 15 ans et aujourd’hui près de 30 ans plus tard ce sont nos 3 fils, Stefane, Christian et Patrick, qui suivent dans nos pas.

Les droits des femmes? C’est trouver l’équilibre, se respecter dans un premier temps et avoir du respect pour l’autre. Je ne voulais pas être nommée à un comité parce que je suis femme. Nommez-moi parce que j’ai les compétences. Il faut croire en soi, se prendre en main, se respecter en tant qu’individu.

Malheureusement j’ai vécu le genre de disparité de salaire et de conditions de travail qui peut exister entre les hommes et les femmes. Lorsque j’étais directrice générale de la SFM (1987-1994), mes collègues au niveau national étaient surtout des hommes. Je m’étais concertée avec les quelques autres femmes afin de comparer nos salaires et nos conditions de travail avec ceux de nos collègues masculins. Nous y avons découvert une grande disparité pour essentiellement les mêmes postes! Ce n’était pas juste et nous avons fait en sorte que la situation soit au moins partiellement rectifiée. Je crois que nous avons fait du chemin depuis ce temps mais nous devons demeurer vigilantes.

Une chose que j’ai apprise au courant des années est que la vie nous apporte bien des tournants, des hauts et des bas. Il est important de vivre ces hauts et ces bas, de s’écouter, de chercher de l’aide au besoin, de s’appuyer sur ceux qui nous aiment. Ce n’est pas le nombre de fois que tu tombes mais le nombre de fois que tu te relèves et que tu continues qui est important. Il faut croire au Père et parfois juste s’arrêter, prier et écouter.  

Qu’est-ce qui a marqué ma vie ?

Dans ma vie personnelle, c’est probablement ce que Renel et moi avons vécu lorsque j’ai eu des anévrismes cérébraux en 2010.  Du jour au lendemain j’ai dû arrêter un travail que j’adorais. Il m’a fallu une chirurgie d’urgence. Je me souviens, lorsqu’on me conduisait à la salle de chirurgie, ma pensée s’est tournée vers le Père et je me suis dit “entre Tes mains.”

Je suis devenue dépendante de Renel. Il a pris soin de moi pendant ma convalescence qui a duré un an et demi. Et deux ans plus tard, Renel a vécu la même chose, une chirurgie pour un anévrisme cérébral. Renel et moi avons souffert de la même condition physique et avons eu le même neurochirurgien.  C’était pour lui du jamais vu. Ce sont les deux évènements qui m’ont le plus marquée.

J’étais dans le mode travail, en train de bâtir, d’avancer. J’avais du succès et j’ai dû tout mettre de côté du jour au lendemain! Il m’a fallu repenser à ce qui est important dans la vie. Je me suis appuyée sur ma foi et ma famille. Maintenant je crois fermement que Le Père nous parle plus fort dans ces moments difficiles de souffrance.   

Je ne suis donc pas retournée au travail et ce fut donc une retraite forcée. Maintenant je me tiens toujours occupée. La famille, les voyages, le camping, le jardinage sont toutes des choses que j’aime.

En 2015-16, lorsque le Canada accueillait 25 000 Syriens, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Mon cœur brûlait de compassion pour les petits Syriens réfugiés. Avec ma famille j’ai entrepris un projet qui a fait boule de neige. Au départ, on avait prévu fabriquer une vingtaine de couvertures pour remettre à titre d’accueil aux petits enfants. Appuyée de ma paroisse, de ma famille et de mes amis, nous en avons créé 1500. On en a donné aux réfugiés dans la communauté, à plusieurs reprises dans un mosquée, à des enfants malades, aux autochtones déplacés à Winnipeg lors des feux dans le nord de la province conjointement avec la Croix Rouge. Mes enfants et mes petits-enfants étaient tous impliqués. C’était un beau projet de retraite très important pour nous et pour moi! C’est important pour moi de donner à ma communauté. Je reste à ce jour très impliquée dans ma paroisse.  

Céline Berard, 2019. Collection privée. 

Malheureusement Renel est décédé en 2021, mais encore là, c’est ma foi qui m’aide et me soutient. Je me suis entourée d’excellentes personnes qui m’appuient et me font cheminer.  

J’ai trouvé de nouveaux loisirs dont la peinture. J’aime peindre et me retrouver dans la nature. C’est dans la beauté de la création que je retrouve de la paix et de l’harmonie.   

Si j’ai à nommer une femme qui m’a influencée le plus, c’est sans doute ma mère.   C’était une femme humble, de foi, de dévotion et de compassion. Elle était accueillante, dévouée à sa famille et à son époux. Elle travaillait fort, souvent dans l’arrière-plan sans se plaindre. Ce n’était sans doute pas toujours facile de vivre avec ses beaux-parents toute leur vie de couple! Elle nous a légué sa foi, sa joie de vivre, son goût de la chanson et de la musique. Elle était très appréciée dans sa communauté et lors de ses funérailles, l’Église débordait de gens venus rendre un dernier hommage à cette petite femme d’amour. 

Si j’ai un message pour les femmes d’aujourd’hui? Quand c’est difficile, ne portez pas ça toute seule. Appuyez-vous sur les gens qui vous aiment. Si ce n’était pas de l’appui inconditionnel de mon mari, de mes enfants et de mes amis je n’aurais pas pu passer à travers certaines épreuves. Allez chercher de l’aide. Même maintenant, je vis des choses difficiles avec le départ de Renel. Je me suis appuyée sur ma foi. J’ai de l’aide, je suis bien entourée de mes enfants et leurs familles. Quand on est vulnérable, il faut creuser en soi-même, faire confiance au Père, prendre la vie un jour à la foi et garder confiance.  

 

Entrevue vidéo en septembre 2023, texte rédigé en mars 2025.

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