Lucky Luke (vu par...)
8. La Longue Marche de Lucky Luke
Forêts du nord du Minnesota, territoire Lakota. Lucky Luke est chargé par Mr Cramp, patron de l'imposante « Cramp Compagny », de retrouver son neveu, qui aurait été enlevé à la naissance par la tribu des Pieds-bleus. Luke retrouve l'enfant - désormais âgé de 10 ans, nommé Nuage Rouge et fils adoptif du chef Lance de Bois - , mais réalise vite que Cramp[…]










"Au-dedans" de Will McPhail allie un humour absurde à la Fabcaro, tout en proposant une œuvre plus profonde et philosophique sur le fait de connaitre vraiment nos proches et les personnes à qui nous parlons au quotidien.
Nick arpente les bars et cafés avec des enseignes toutes plus originales et tape à l’œil les unes que les autres ; il est en quête d'une identité, il se questionne sur le fait d'avoir de vraies conversations avec ses interlocuteurs, au lieu de parler de la pluie et du beau temps. Cela va commencer avec Wren, une jeune femme puis "petite" amie rencontrée par hasard ; mais ensuite viendra le plombier, puis d'autres protagonistes plus ou moins proches du narrateur. Ce dernier va développer ensuite ses capacités d'interactions jusqu’à un point de bascule qui transforme métaphoriquement le dessin (apparition des couleurs) et développe une forme de compréhension de la personne avec qui Nick parle. Il apprendra alors que la vie vaut la peine d'être vécu en ayant de véritables discussions avec son entourage, à commencer par sa sœur ou sa mère. Le ton est au départ léger avec beaucoup d'humour et d'autodérision, mais la symbolique dramatique devient d'autant plus forte pendant l'avancement du livre et le contraste est de plus en plus saisissant entre les deux genres opposés. En tout cas, le thème de la bande dessinée prête à réflexions.
Coté dessin, l'approche fonctionne avec de beaux enchainement qui amène aisément aux rires. Les personnages sont simples, les décors essentiels et sans trop de détails, avec parfois de grandes marges sur certaines planches de "Au-dedans" avec un rendu très épuré par rapport au volume et au format du livre ainsi que son contenu. Je n'aime pas bien l’expressivité des yeux des personnages, ronds et qui manquent de caractère dans le regard, la ligne est également un peu effacée et flou dans le grand format du livre.
Ça part dans toutes les directions sans que l'on puisse jamais s'attacher aux protagonistes. Le mélange de romanesque, de fiction et d'histoire ne tient pas plus que les poterie de Palissy, qui se délitent à la cuisson.
Chabouté s'empare du mythe "Landru" et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.
L'alsacien Christophe Chabouté s'attaque à la terrible histoire de Henri Désiré Landru, avec ce petit album paru chez Glénat dans un format poche qui rappelle un peu celui des mangas (mais ce n'en est pas un), avec un Chabouté qui reste fidèle à ses propres standards : un noir & blanc net et précis, des héros plutôt ordinaires, une mise en page dynamique et des récits de peu de mots.
Le personnage tout le monde le connaît : Landru c'est celui qui, vers 1910-1920, découpait ses victimes et les brûlait dans sa cuisinière mais qui n'avoua jamais ses crimes et qui ne fut condamné à la guillotine que sur de "simples" présomptions, sans véritables preuves irréfutables.
Un escroc à moitié mythomane qui avait entrepris de dépouiller quelques veuves (et il y en avait beaucoup après guerre).
C'est en novembre 1921 que se déroule le procès de celui qui fut surnommé Barbe-Bleue.
Chabouté réinvente l'histoire officielle de Landru dans un thriller aux accents quasi politiques.
Et si l'histoire n'était pas exactement celle qu'on nous a racontée ?
Et si … ? Et si … ?
C'est un auteur qui sait manier l'ironie et le second degré : les flics ont parfois des allures de Dupont et Dupond et son Landru croise même la route d'un tout jeune ... Marcel Petiot !
On ne peut guère en dire plus sous peine de trop en dévoiler mais cette histoire de Landru revisitée par un auteur facétieux est une véritable gourmandise ...
D'autant que le final cache une leçon qui reste toujours pertinente, encore aujourd'hui : c'était au lendemain d'une guerre terrible qui avait laissé de profondes séquelles dans la société, une période où il valait mieux éviter de se retrouver à la merci du pouvoir, de la presse ou de la justice.
« Faites le nécessaire ! Nourrissez la presse ! Jetez donc ce Landru en pâture à la foule ! »
Grâce à ce décryptage habile d'une vraie-fausse affaire d'État, le lecteur comprendra enfin les raisons pour lesquelles l'abominable Landru a nié l'ensemble de ses crimes au cours de son procès.
On connaît le goût de Christophe Chabouté pour les "gueules" marquées quand il dessine le portrait de ses personnages, et ce récit lui offre quelques belles occasions de croquer les figures de l'époque, depuis les "gueules cassées" de la Grande Guerre jusqu'à Georges Clemenceau.
Quant à son fameux noir et blanc très contrasté, il convient parfaitement au format de ces petites pages aux allures de roman-feuilleton.
Mettons de côté tout de suite la méchanceté simpliste de Torric (Sans elle d’ailleurs, pas d’enjeux dans l’histoire, ni de ressorts), et le fait que, encore une fois, une femme est tellement amoureuse de Thorgal qu’elle est prête à foutre sa vie en l’air pour lui.
Parce que, sans cela, mais quelle histoire ! Les ressorts sont multiples et ne cessent jamais de monter crescendo. Les surprises ne cessent de défiler dans une narration qui ne cesse de surprendre. Même les boucles temporaires et toutes ces mises en abime sont d’une grande pertinence. Et, si l’on accepte le postulat de départ, tout se tient, tout fait sens, tout se déroule avec justesse. Jusqu’au final qui m’a littéralement surpris, bouclant la boucle avec, en plus, un propos sur le temps qui passe qui laisse pantois. Les boucles temporaires ne vont pas à la même vitesse pour tout le monde. Et, si pour Thorgal son aventure est de courte durée (le temps d’un album), pour Vlana et Torric elle aurait duré toute une vie et cela se sent tellement que cela déborde littéralement de l’album.
Du côté dessin, le blanc de Rosinski vaut le Blanc de Cosey. Je ne peux faire plus beau compliment.
Le risque des séries, c’est de s’essouffler à un moment ou un autre. Ce n’est pas le cas avec Aquaviva, qui garde son rythme, sa poésie, le mystère autour de ses personnages toujours percutants d’un fascicule à l’autre. Que réserve le 5eme ??
Je n’ai pas pris le temps de donner mon avis sur les 4 albums déjà parus lorsque je les ai découverts alors je me rattrape aujourd’hui en disant bravo !
Bravo et merci pour cet épisode d’Aquaviva dont la qualité tient les promesses du 1er. Superbe et envoûtant : vivement la suite…
Dans toutes les BD, je place la série Aquaviva parmi celles qui méritent le haut du podium : scénario, dessins, dialogues, décors, couverture, mise en page… tout est réussi. Merci à Guillaume Trouillard pour ce très bel ouvrage : j’attends le dernier volume avec impatience !
Pour les passionnés de botanique, un très bon album d'histoire des sciences et des techniques. Même si tout cela aurait pu être condensé dans deux ou trois pages d'encyclopédie, le choix du format BD est pertinent parce qu'il permet de visualiser beaucoup plus rapidement qu'une description verbale l'esthétique et la forme des jardins et des plantes qui y figurent. Dessin et couleurs sont foisonnants. Les dernières pages, au sujet des jardins contemporains, manquent un peu de recul mais c'est le lot inévitable de toute fresque historique qui prétend se poursuivre jusqu'à nos jours.
Ce cinquième tome semble clore une série qui me laisse une opinion mitigée à cause des choix scénaristiques.
1) Certes, la série se veut à portée de jeunes ados par la rondeur de ses traits et l'utilisation d'enfants et adolescents comme protagonistes principaux, mais ces mêmes lecteurs auront un peu de mal à apprécier réellement le fond historique s'ils n'ont pas déjà une connaissance préalable de la Révolution française dans sa chronologie.
2) les auteurs ont le bonheur de ne pas tomber dans un manichéisme pro-républicain ou pro-royaliste, et le propos reste relativement équilibré. Mais situer les évènements durant la Guerre de Vendée sans aborder même de loin, le génocide vendéen est quand même un peu gênant.
3) On reste donc trop souvent sur le plan de l'escarmouche, comme si cette révolution et cette guerre de Vendée n'avaient été qu'une péripétie mineure de l'Histoire.
Au final, même si la série peut être mise sans trop de risques entre les mains de jeunes, avec l'accompagnement et les éclairage d'adultes qui sauront la préciser et la compléter, je reste un peu déçu. Tout cela n'a rien de ... révolutionnaire. Il existe des BD de vulgarisation au sujet de cette période de l'histoire qui sont plus intéressantes.