FootballLuuk De Jong, le chasseur alpin
L'avant-centre du PSV (25 ans) est le joueur qui monte aux Pays-Bas. Il veut tout casser cette saison, lui qui est né à Aigle. Rencontre.

Le Sporting avait très largement l'avantage du nombre de supporters lundi à Vidy. Ils étaient bien plus d'un millier à soutenir le club portugais face au PSV Eindhoven, qui ne pouvait compter que sur une dizaine de fans, très discrets. Cela n'a pas empêché le champion des Pays-Bas de s'imposer 5-0 grâce notamment à un doublé de son capitaine et avant-centre Luuk De Jong.
Âgé de 25 ans, l'attaquant a déjà connu deux expériences à l'étranger, à Mönchengladbach et à Newcastle, sans réel succès. Pour l'instant, c'est aux Pays-Bas qu'il se sent bien et ses statistiques parlent pour lui: 59 buts en 123 matches avec Twente et 58 en 88 rencontres avec le PSV, toutes compétitions confondues! Des chiffres qui témoignent d'une efficacité clinique, mais qu'il n'a pas encore réussi à appliquer hors des frontières néerlandaises, lui qui compte quand même 3 buts en 11 sélections et représente l'avenir proche de la sélection des Pays-Bas à son poste.
Lundi soir, après avoir répondu à plusieurs questions des télévisions néerlandaises, le très demandé capitaine du PSV s'est arrêté vers nous, tout content de parler de... la Suisse, le pays où il est né! Explications.
Son enfance dans le Chablais
Mon père George était entraîneur professionnel de volleyball, c'est pour cela que toute notre famille était établie en Suisse, à Aigle. Il était à Leysin et je n'ai que des bons souvenirs de cette période, même si je suis parti très tôt. Je devais avoir 4 ou 5 ans quand nous sommes rentrés aux Pays-Bas. Siem, mon grand frère, a deux ans de plus. Si je parle encore français? Ah non, je suis désolé (sourire). Je suis vraiment parti petit et mes deux parents sont néerlandais, donc on ne parlait pas français à la maison. Et après, quand on est allé aux Pays-Bas, c'était fini. J'ai tout perdu (rires). Mais j'ai du plaisir à revenir en stage ici, c'est toujours aussi bien pour travailler. Là, avec le PSV, on est basés à Verbier, donc je retrouve les Alpes. Les conditions de travail sont idéales.
Le Festival des Alpes
C'est l'occasion de bien travailler, de lancer la saison face à des adversaires de haut niveau. La saison dernière, déjà, nous avions pu bien nous préparer, donc nous sommes heureux d'être de retour ici. Nous n'avons pas d'urgence, car nous sommes qualifiés pour la phase de groupes de la Champions League, mais nous voulons quand même être prêts très vite: le 31 juillet, nous disputerons la Supercoupe des Pays-Bas face à Feyenoord. On veut absolument gagner, il n'y a pas d'autre choix. J'ai un bon souvenir: il y a douze mois, en sortant d'ici, j'avais mis un doublé lors de la Supercoupe 2015 face à Groningen. On avait gagné 3-0.
Son doublé face au Sporting lundi
C'est toujours bon de marquer, que ce soit en préparation ou en match officiel. Franchement, je me sens bien et j'ai confiance en l'équipe. Battre le Sporting 5-0, ce n'est pas un résultat anodin. Cela valide surtout notre excellent travail de ces derniers jours à Verbier.
Son ambition cette saison avec le PSV
Pour nous, c'est clair, les objectifs ont été fixés par le staff et le club: on veut conserver notre titre de champion des Pays-Bas et sortir de la phase de poules de la Champions League. Ce double objectif est compliqué, mais hey, on est le PSV! Après, ça dépend beaucoup du tirage en Europe, mais on peut y arriver.
La couronne de roi des buteurs aux Pays-Bas
C'est un objectif individuel, je ne vais pas le cacher. Je ne sais pas où je serai dans une année, mais j'ai vraiment envie de réaliser une grosse saison et remporter ce titre en fait partie. Je ne l'ai encore jamais gagné. J'ai scoré 26 fois la saison dernière et Vincent Janssen, d'Alkmaar, en a 27. Cette année, je veux le titre.
La sélection néerlandaise
J'ai une carte à jouer et j'ai l'impression d'avoir saisi ma chance lors des derniers matches amicaux. J'ai marqué contre la France et contre l'Irlande avant l'Euro, auquel on n'a pas pas participé. Maintenant, il y a une nouvelle ère qui s'ouvre pour la sélection et j'ai le sentiment d'en faire pleinement partie. L'objectif, c'est la Russie en 2018.