Alphonse Darlu
| Inspecteur général de l'Instruction publique (d) | |
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Jeanne Darlu (d) |
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Alphonse Darlu, né le 20 mars 1849 à Libourne (département de la Gironde)[1], mort le à Paris (17e arrondissement)[2], est un enseignant et un haut-fonctionnaire français.
Entre 1885 et 1900, il est enseignant de philosophie au lycée Condorcet à Paris où il est le maître de Léon Brunschvicg, de Louis Couturat, d'Élie Halévy, de Xavier Léon, et en particulier de Marcel Proust, qui le mentionne à travers le personnage de « Monsieur Beulier » dans son roman posthume Jean Santeuil.
Entre 1900 et 1919, Alphonse Darlu est inspecteur général de l'Instruction publique.
Biographie
[modifier | modifier le code]Alphonse Darlu est issu d'une famille d'enseignants. Son père, Louis Darlu, professeur au collège de Libourne, est brièvement suspendu de ses fonctions en raison de ses opinions républicaines[3].
En 1871, Alphonse Darlu est reçu à l'agrégation de philosophie[4].
Entre 1871 et 1882, il est successivement nommé professeur de philosophie au lycée Bertran-de-Born de Périgueux, au lycée Guez-de-Blazac d'Angoulême puis au lycée à Bordeaux.
En 1882, il est nommé professeur au lycée Saint-Louis à Paris puis au lycée Henri-IV. En 1885, il est nommé au lycée Condorcet. Il est ensuite professeur aux écoles normales supérieures de Fontenay et de Sèvres. En 1893, il fonde avec certains de ses élèves la Revue de métaphysique et de morale.
En 1900, Alphonse Darlu est nommé inspecteur général de l’Instruction publique, en remplacement de Jules Lachelier, jusqu’à sa retraite en 1919.
Darlu et Proust : Monsieur Beulier
[modifier | modifier le code]De tous ses professeurs à Condorcet, c'est Alphonse Darlu qui exerce la plus profonde influence sur le jeune Marcel, et pas seulement sur lui. Proust est son élève en 1888-1889 pour la classe de philosophie (correspond à la terminale aujourd'hui). Il écrira : « Sa parole inspirée, plus sûre de durer qu'un écrit, a, en moi comme en tant d'autres, engendré la pensée. »[5].
Marcel Proust prend Alphonse Darlu comme modèle pour le personnage de Monsieur Beulier dans son roman de jeunesse quasi-autobiographique Jean Santeuil. Jean est l'élève de Monsieur Beulier : « À la place où son maître avait semé un seul mot, Jean, qui le cultivait avec amour, trouvait au bout de quelque temps une idée florissante ! »[6].
Dans le Questionnaire de Proust, le nom de M. Darlu est donné par Proust comme réponse à la question " Mes héros dans la vie réelle".
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Archives départementales de la Gironde, « État civil de Libourne, registre des naissances de 1849, vue 25 / 103, 4 E 8568 »
, sur https://archives.gironde.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « État civil du 17e arrondissement, registre des décès du 18 au 29 avril 1921, vue 28 / 31, 17D 218 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Havelange, Isabelle (née en 1954), Huguet, Françoise (née en 1946) et Lebedeff-Choppin, Bernadette, « DARLU Marie Alphonse Julien »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ Pierre Clarac et André Ferré, Album Proust, édition Gallimard, 1965, page 73.
- ↑ Passage de Jean Santeuil cité par Jean-Yves Tadié, Marcel Proust, biographie, tome I, Gallimard-Folio n°3213, 1996-2012.
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Œuvres
[modifier | modifier le code]- En 1893, il crée la Revue de métaphysique et de morale où il publie quelques articles et conférences.
- Observation sur la thèse d'une origine exclusivement visuelle de l'idée d'étendue, Conférence à la Société française de philosophie, , sofrphilo.fr
- M. Brunetière et l'individualisme : à propos de l'article "Après le procès", A. Colin, 1898
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marcel Proust, Les Plaisirs et les Jours
- Marcel Proust, Jean Santeuil (roman inédit, 1895, publication en 1952)
- Philippe Chardin, « Aristoteles dixit : le recours aux autorités philosophiques dans la Correspondance de Marcel Proust » dans Cher ami... votre Marcel Proust, Jürgen Ritte et Rainer Speck (éds.), Cologne, Snoeck, 2009
- Henri Bonnet, Alphonse Darlu, le maître de philosophie de Marcel Proust, Liège, 1959 persee.fr
- Gustave Belot, « A Darlu. Le philosophe et l’éducateur », La revue pédagogique, t. 82, no 1, , p. 1-16 (lire en ligne, consulté le ).