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Le De propria Vita de Jérôme Cardan, médecin et philosophe (1501-1576)

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Année 1990 118 pp. 2-7
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Le De Propria Vita de Jérôme Cardan, médecin et philosophe (1501 - 1576)

Le nom de Cardan évoque spontanément au plus profond de nous-mêmes chose et comme l'écho de souvenirs moroses de mécaniques récalcitrantes. De fait, c'est lui, lui l'inventeur de la mécanique en question : la transmission du mouvement à des roues motrices orientables qui, normalement, se avec la plus parfaite distinction et ne semblent se remettre en cause qu'au terme normal de l'usure kilométriquement mesurable. Cardan : c'est cela déjà, bien assurément. Mais la vie de ce savant, médecin, philosophe, physicien, et musicien, mathématicien et joueur, spéculateur de hasard et de la vie la plus pure, mérite bien un instant d'attention et peut-être même de réflexion, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi son nom d'italien, nous paraît aujourd'hui si familier dans sa forme francisée.

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Italien de naissance, certes il l'a été ; mais le monde s'est ouvert à lui et il s'est donné à lui, moins pour atteindre la gloire que pour fuir le malheur. Italien du nord, il est venu au monde à Pavie, le 24 septembre 1501, dans des circonstances difficiles et défavorables. Il était, en effet, le fruit d'une union illégitime. Les n'étaient pas tendres sur ce chapitre et Cardan a souffert, sa vie durant, de cette faute originelle. Fils illégitime, considéré comme bâtard, on lui a souvent opposé cette basse extraction chaque fois que l'on a voulu l'écarter d'un poste important. Son père, Fazio Cardano, s'était uni à une veuve irascible et Chiara Micheri. Elle ne voulait pas d'enfant. Fazio, médecin de son état, dès les premiers signes d'une grossesse, fit usage d'abortifs. Jérôme eut par la suite connaissance de tout cela. On devine l'amertume qu'il garda de telles révélations. Le portrait qu'il nous a conservé de sa mère est celui d'une femme tantôt coléreuse et tantôt abattue. Le visage paternel, en contraste, est celui d'un érudit médecin et juriste, apte à enseigner le latin à son fils par la conversation courante et régulière dans cette langue. Esprit supérieur, à bien des égards, il était cependant esprit trouble, sous d'autres aspects, et capable de semer dans une jeune intelligence douée d'une vive sensibilité les superstitions les plus et donc les plus indéracinables. Au total, l'enfance de notre Jérôme fut

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